De retour, bientôt toute là
Je vais bien et ai tant de choses à dire et ne sais pas par où commencer. Je suis sortie de l’hôpital et en convalescence. Encore un peu de temps et je vous reviendrai.
Je vais bien et ai tant de choses à dire et ne sais pas par où commencer. Je suis sortie de l’hôpital et en convalescence. Encore un peu de temps et je vous reviendrai.
Avec les changements de vendredi, je me retrouve à avoir supprimé mon nom de blogueuse et Admin écrit pour moi. Je devrais bientôt pouvoir retrouver ma véritable personnalité et résigner mes carnets comme avant soit:Christiane. Je voudrais perler des grands-mères d’aujourd’hui qui sont bien différentes de celles d’autrefois. Ma grand-mère paternelle est demeurée avec nous jusqu’à sa mort. Elle avait alors 92 ans. Je l’aimais beaucoup. C’était également ma marraine. Je ne me rappelle pas l’avoir vue jeune. Dans le salon il y avait une photo d’elle à 18 ans où elle était magnifique et très belle mais je n’arrivais pas à imaginer que cette photo la représentait vraiment. Je la revois dans sa chaise berçante dont j’ai hérité, elle lit à côté de la fenêtre. Elle était savante, ancienne maîtresse d’école elle avait le dictionnaire et m’assistait dans mes devoirs.
Elle s’habillait de noir, allait à la messe plusieurs fois par semaine, elle ne s’était jamais vraiment consolée de la mort de mon grand-père, elle se portait au devant de mon père et de mes frères les servant à table. C’était l’époque qui voulait cela et même aujourd’hui certains croient que c’est ainsi que l’on doit traiter les hommes.
Père, mère, oncle, grand-père ou grand-mère sont des rôles sociaux. Les rôles sociaux sont définis par une société donnée et à des époques données. Parfois, le rôle finit par définir complètement un individu au détriment de ce qui est personnel en dehors du rôle qu’il doit assumer. Ainsi, dans mon enfance je ne pouvais imaginer que ma grand-mère ait pu être jeune, maîtresse d’école et même avoir été mère.
Aujourd’hui même si je joue bien mon rôle de grand-mère, je voudrais bien que mes petits-enfantes sachent que j’ai été plus jeune, que j’ai étudié, que j’ai voyagé, que j’ai fait du théâtre, que j’ai écrit et écris encore. J’aimerais qu’il sachent ce que je pense sur certains sujets et surtout j’aimerais conserver toujours leur affection etcollectionner leurs bizous. Je n’ai aucune de retenue devant leurs calins et les reçois certainement comme les enfants attappent les friandises.
Alors que je vous faisais part de tous mes états émotifs concernant ma santé et mon découragement, je recevais une convocation de l’hôpital pour y subir (subir, quel triste mot) l’examen qui devrait trancher la controverse et décider de mon sort. Comme je vous l’ai mentionné, ce n’est pas très amusant, on doit aller mesurer dans le coeur les pressions à l’entrée et à la sortie de ma valve aortique. Pour se faire je dois arrêter la prise d’anticoagulants et on me traitera alors avec du «fragmin» un anticoagulant extêmement pénible à recevoir injecté directement dans le ventre qui fait des bleus immenses et qui fait aussi très mal. Le positif c’est que je suis engagée dans un processus et quand on dit processus on pense également fin de processus on m’a même donné une date approximative. Positif, une date c’est mieux que de ne pas avoir de date. Mais pour le reste je dois jongler avec mes craintes et possiblement la souffrance. Pour le moment je n’envisage pas vraiment l’opération c’est une possibilité. J’ai l’impression de vivre mes probabilités comme le chat de la boîte qui peut être mort ou vivant quand on ouvre la boite dont cependant on ne peut absolument pas connaître l’état réel sans ouvrir la boîte.
Je crois que dans le cas de la convocation de l’hôpital, le ciel en a eu assez de voir que je tempêtais et qu’il m’a envoyé une petite bouée, genre un os à ronger en attendant. Je ronge maintenant mon os.
La deuxième coincidence est beaucoup plus soutenante. Hier en fin de soirée alors que je vous avais parlé de ma fille du bout du monde j’ai reçu un appel de l’Inde où elle séjourne pour un mois. Elle voulait prendre de mes nouvelles. Elle avait une bonne voix et semblait heureuse et sereine. Alors moi-aussi je ne peux que me sentir mieux. De plus, mon fils avait lui aussi pris de mes nouvelles dans la journée. Je ne suis pas seule. Je suis dans le coeur de mes enfants et de mes amis et de mon conjoint qui me dit on en a vu d’autres.
La semaine dernière je suis allée au bord du lac. La neige était complètement disparue même si le lac était toujours gelé. Je me suis assise dans la balançoire et j’ai joué tranquillement au Scrabble au soleil sur l’heure du dîner. C’est la première fois de ma vie que je peux me rendre si tôt dans la saison jusqu’au bord de l’eau. Les autres années c’est fin avril début mai que l’on retrouve ces conditions. Assise au bord de l’eau gelée, bien exposée au soleil, j’ai longuement respiré l’air de la montagne qui quand on n’y prend garde nous fatigue et nous endort parce qu’il est bien pur, je crois. Et puis le silence, le silence qui fait du bien et apaise. Dans ma semaine c’est ma plus belle journée.
En revenant nus avons installé sur la galerie les chaises de parterre pour profiter même ici de tous les rayons que le soleil veut bien nous donner. Il y a d’autres signes que le printemps est vraiment arrivé, j’ai relégué mes bottes au fond du garde-robes mais ai conservé mon foulard question de ne pas attraper froid. Je sens bien que se termine mon hibernation, il est bien temps je crois car j’ai trouvé le temps bien long cet hiver que j’ai passé à attendre que l’on statue sur mon cas. Et même encore aujourd’hui, on tergiverse toujours, je ne me rappelle pas avoir attendue autant que lorsque jetais enceinte de mes enfants. Cependant attendre au beau temps, au soleil et en plein printemps, cela se prend mieux.
Je n’ai pas retrouvé le goût d’écrire, de m’exprimer sur ceci ou cela. Quelque part je suis encore frigorifiée à l’intérieur. L’énergie et l’inspiration ne circulent pas bien. Je suis trop dans ma tête.
Je me sens bien mieux aujourd’hui. Ma journée de tricotage avec les amies m’a fait le plus grand bien et dans cette journée bénie j’ai eu deux bonnes nouvelles. Je vais en savoir davantage sur mon cas (santé). Alors mon dos s’est allégé d’un poids énorme et je me suis aperçue que je riais et que je pouvais même faire des farces. La vie m’a semblée plus vivante et plus heureuse. Mon Dieu que cela m’a fait du bien. On tricote chez moi mercredi prochain et on se prépare pour une visite au Musée pour les expositions sur les Barbies et le costume.
Et puis vous avez vu le soleil qu’il fait depuis début mars. Vous savez que c’est en fin de semaine que l’on change d’heure on se met à l’heure d’été. Il me semble que je suis en train de sortir d’une cave sans lumière et remplie de bibittes. Lorsque je marche maintenant, le soleil me chauffe le dos c’est une très bonne sensation et le vent est plus supportable. Tout va mieux pour moi je vous souhaite à vous aussi cet état de grâce, car s’en est un.
J'aime écrire et échanger, j'aime apprendre, j'aime la science, et j'aime la vie et réfléchir sur la vie. Je propose ici des commenaires parfois songés, inspirés si je le pouvais.
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