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Carnets d'une grand-mère inspirée
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Archive pour juin, 2010

Quand le bonheur se rappelle à nos mémoires

juin 27, 2010 Par: Christiane Inspirée Catégorie: Nouvelles Aucun commentaire →

Un petit matin frais à peine 10 degrés et le poêle à bois qui chômait depuis mai chauffe ce matin.  Le bois crépite et une belle chaleur s’étend de la cuisine jusqu’à mon ordinateur.  Des visites ce matin, le fils qui manque de lait et le gendre qui n’a pas assez de café.  Belles rencontres  on a reparlé du souper d’hier qui nous réunissait tous et de la joie des petites cousines dont les rires sont encore dans nos têtes.  Beaucoup de bonheur pour nous tous, certains se remémorent une enfance qui est encore toute proche et les jeux qui peuplaient leur vacances et moi j’anticipe les joies de mes petites qui viennent à peine de découvrir la vie, la joie, le bonheur quoi.  Toutes ces choses dont il faut profiter quand cela passe et ces choses qu’il faut engranger pour les temps de vaches maigres.  Ces temps qui font aussi partie de nos vie.

Donc je savoure ces petits bonheurs, les enfants avec leurs enfants retrouvent le lac où ils ont appris à nager, les grands défis qu’ils ont relevés, traverser le lac si grand quand on a 6 ans et qui se traverse si rapidement quand on on est devenu adulte.  Mais cette traversée qui procure tant de joie et de fierté une fois réalisée.  Et je fournis les grandes serviettes pour les bains dans l’eau froide qui surprend toujours mais à laquelle on ne résiste pas vraiment quand on y est habitués depuis la petite enfance.

 Des fois, on est heureux sans s’en rendre compte vraiment et c’est en en reparlant que l’on réactive la mémoire du bonheur qui nous fait peut-être plus heureux maintenant.

Ne touchez pas à la descendance

juin 23, 2010 Par: Christiane Inspirée Catégorie: réflexions Aucun commentaire →

Je me rends bien compte que je pense que je peux être malade, avoir de la peine  et toutes sortes de choses plates et que je suis assez capable d’y faire  face et de garder le moral du moins assez le moral pour garder espoir de m’en sortir.  Mais si mes enfants ont des soucis  ou des peines, mon esprit de guerrière prend le dessus et je suis prête au combat, même si ce n’est pas zen du tout et même si je n’ai plus vraiment le goût de la lutte.  J’ai beau savoir que je ne peux pas grand chose, que je ne suis pas en cause mais ça  doit être cela être mère et grand-mère ( peut-être mère extrême, vocable bien à la mode ces temps-ci), être cool et rester cool tant que l’on ne touche pas aux enfants.

Ce que j’oublie c’est que je suis déjà passée par là, que je suis passée à travers bien des expériences  des bonnes et des mauvaises et que les leçons que j’ai apprises m’ont servie et me servent toujours.  J’oublie que les miens sont parfaitement armés pour faire face à leurs obligations et qu’ils sont aussi bons que moi.  Dans le fond je n’ai pas à penser que je serais meilleure qu’eux, je ne dois pas oublier qu’ils ne sont plus des bébés.  Dans le coeur d’une mère je crois que l’attachement au petit poupon  reste toujours et qu’il faut du moins il me faut à moi faire l’exercice de réaliser que les poupons de plus de 30 ans peuvent se débrouiller par eux-mêmes.  Mais ce n’est pas facile.  Ils sont en définitive bien meilleurs  que moi puisqu’adaptés à ce monde difficile dans lequel ils vivent et ils peuvent compter sur moi mère et grand-mère  aguerrie.

Lorsque l’on est jeune on ne comprend absolument pas que les parents ne dorment pas tant que le enfants ne sont pas rentrés au bercail de la maison familiale, ils ne comprennent pas non plus que l’on ait tant de conseils à leur  donner et que l’onveuille tant leur épargner les mauvaises expériences. Mais bonnes ou mauvaises les expéreinces sont les expériences et il semble (un vieux chinois le laisse entendre dans des proverbes) que nous sommes ici sur cette terre pour faire des expériences, que c’est cela la vie.

Pour ma part, j’aimerais assez avoir assez de maturité pour ne pas m’inquiéter pour les miens.  Mais voyez vous, je connais leur sensibilité, je sais la tendreté de leur coeur et comme à mon âge, mon coeur est plus enduci, je prendrais bien leurs peines même si les peines usent.  Mais les peines attendrissent les coeurs aussi. On ne s’en sort pas, on est ici pour attendrir nos coeurs de pierre ce qui nous permettra de nous émouvoir et d’enfin réaliser le meilleur de nous-mêmes, mettre à jour notre capacité d’aimer …  pour de vrai.

Pour un anniversaire

juin 21, 2010 Par: Christiane Inspirée Catégorie: Nouvelles Aucun commentaire →

Ce matin je suis allée marcher dans une autre partie de la vallée pour faire changement et fêter un anniversaire.  Aujourd’hui cela fait 44 ans que je suis mariée.  C’est un jour de bilanet de nostalgie un peu aussi.  Nous avons acheté entre tempss le chalet où nous avons passé notre lune de miel.  Une bien bien courte lune de miel où j’ai eu mal aux dents, où il a plu beaucoup et où on a à peine pu nager dans le lac.  comme nous étions des intellectuels et que nous n’avions pas apporté un livre ou deux,nous avons dévoré tout ce qui nous tombait sous la main, vieux journaux pour allumer le poêle, et quantité d’annales de la Bonne Ste-Anne et de la Vierge du Cap.  Nous sommes passés à travers les mots croisés et avons eu largement le temps de nous parler car il faisait très noir le soir et il n’y avait même pas de radio.  Quand les parents de mon mari sont arrivés le mercredi soir avec un jeu  de cartes pour nous rendre visite nous avons étés assez reconnaissants qu’ils nous laissent le jeu en partant.  Ici avant comme maintenant, c’est le paradis quand il fait beau mais quand il pleut ou qu’il fait froid on se croirait au bout du monde et  très loin de la civilisation. 

Je crois que si on continue comme cela notre mariage pourrait être inscrit dans le livre des records  Guinnessce qui me fait dire que nous sommes bien vieux.  Des fois je me sens vieille quand je  désespère  de la politique, du sort fait aux femmes, de la musique  qui m’agresse.  Je me demande si en vieillissant on ne se fossilise pass ans qu’on le veuille vraiment.  Mais comme je vous l’ai écrit récemment, ces pensées m’habitent quand je ronge mon frein ou que je circule au ras des pâquerettes et que je ne les vois même pas. 

Ce matin dans ma promenade, les champs étaient remplis de marguerites ce sont le fleurs que j’avais choisies à mon mariage, une petite brise soufflait et nous rafraîchissait sous le soleil qui dardait.  Nous avons même eu la chance de voir un cerf à 30 mètres marchant vers nous.  Il ne semblait pas nous craindre le moins du monde.  Je me suis dit c’est un cadeau pour fêter cet anniversaire.

 

Une petite maison

juin 17, 2010 Par: Christiane Inspirée Catégorie: histoires pour Mia Aucun commentaire →

Cela durait depuis presque deux semaines.  Chaque jour papa sortait avec ses outils, la grosse scie qui faisait tant de bruit et qui l’effrayait au point que maman devait la prendre dans ses bras quand papapa sciait, il travaillait à une construction.  A ses questions on lui répondait que c’était pour loger des poules.  A 20 mois, elle ne savait pas vraiment ce qu’étaient les poules auf peut-être les poules de la chanson qui pondaient «des petits cocos pour Mia qui va faire dodo».  Elle avait entendu le cri des poules dans un de ses jouets et maman disait volontiers «Cotcot» pour traduire le langage des poules des livres de contes.

Enfin, la maison était terminée, elle avait un fond amovible sur lequel maman avait déposé de la paille elle a dit pour avoir la possibilité de garder l’endroit très propre.  Il y avait ausi un deuxième étage  sur lequel les poules allaient pondre leurs oeufs et dormir la nuit.  Et puis la maison toute en grillage offrait la possibilité de contempler les poules dans leur vie  de gentilles poules.

Puis un après-midi des amis de maman sont arrivés avec une boîte de carton qui émettait des «Cotcottttt…» .  Et quand on a ouvert la boîte la surprise était complète.  Au fond de la boîte  deux belles poules rousses  regardaient Mia qui les regardait aussi.  Dans leur langage de poules elles criaient «Cotcot  dehors, nous voulons courir, voir notre maison».  Mia était ravie. 

Miantenant chaque jour, Mia va rendre visite aux poules, elle leur apporte du pain, des feuilles de laitue, et maman ramasse les oeufs que les poules pondent.

Il fait trop beau

juin 15, 2010 Par: Christiane Inspirée Catégorie: Nouvelles Aucun commentaire →

Ce matin les diamants dansent sur le lac et le  vent dans le grand pin balance la branche parasol qui abrite mes parties de Scrabble.  Je ne sais pas encore de quoi ma journée sera faite, le chevalet est toujours caché derrière la porte de la chambre et les couleurs dorment dans le fond du sac.  J’attends comme je l’ai déjà expliqué l’espace mental nécessaire pour entreprendre une peinture car peindre c’est une entreprise de longue haleine.  Le projet fait tranquillement son chemin, les fleurs à peindre commencent à m’ensorceler et si j’ouvrais mon livre je crois bien que je ne résisterais pas.

Durant ma marche j’ai pu constater que les grands vents ont obligé des bernaches à  camper dans des champs de la vallée.  Elles ont pour l’occasion chassé les corneilles qui bien sûr ont protesté et protestent encore j’en suis persuadée.  Les marguerites  fleurissent les champs qui il y a quelques jours affichaient des pissenlits.  Sur le bord de la route, les fraises sucrées sont sorties et se laissent cueillir.  Bientôt, les petites fleurs oranges vont occuper tout le paysage et ainsi la nature va renouveler son visage.  Des fois je marche sans regarder, parfois je pense qu’il ne se passe rien dans ma vie.  Il me faut me rendre à l’évidence, autour de moi tout bouge tout change, je dois tout juste ouvrir les yeux.  Regarder avec un oeil neuf.