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Archive pour ‘Chroniques’

Chronique 1 – La rencontre

novembre 18, 2007 Par: espaceg Catégorie: Chroniques Aucun commentaire →

1- La rencontre


La première fois que je l’ai rencontré, on aurait dit une âme en peine À le regarder, on aurait cru que le sort du monde pesait sur ses épaules. Pas très rembourrées les épaules, celles d’un intellectuel souffreteux et drôlement frêle. Je ne vous l’ai pas encore dit mais j’attire les confidences et les malheureux. Je me demande si j’attire les malheureux ou si tout simplement actuellement, il y a tant de malheureux que l’on ne peut faire autrement que de les attirer. Mais celui-là battait des records. Il était dans un hôpital dans une salle d’attente, mais j’aurais pu le remarquer aussi dans une gare. Il faisait partie du décor de ces endroits impersonnels qui sont remplis de gens plus ou moins absents d’eux-mêmes qui ne se parlent pas et qui sont complètement absorbés par leurs propres pensées. Il avait le regard tellement tourné vers l’intérieur qu’il a fini par attirer mon attention. Ces personnes produisent l’effet suivant, elles finissent par s’imposer par leur totale absence au monde. Et les plus curieux ou les plus intéressés par les autres et j’en suis, finissent par leur porter attention. Assis, il regardait ses mains et respirait profondément. Je dirais qu’il soupirait. S’il relevait la tête, son regard vide se portait sur le mur nu de la salle, couleur kaki passé, en fait , le mur était d’un vert approximatif dont sont peints les murs des édifices publics qui n’ont pas été repeints depuis des décennies. A part la crasse et les coulisses sur ce mur, je me demandais ce qu’il pouvait bien voir. Ses vêtements étaient propres mais usés et leur couleur elle aussi passée Il aurait voulu être invisible qu’il n’aurait pas fait autrement. Pas d’attaché case à ses pieds, pas non plus de sac à main., pas de journal non plus ni une revue des années 70 pour occuper son temps d’attente. Il avait choisi une portion de la salle un peu plus à l’écart, où, sans se cacher, l’on pouvait passer inaperçu. Sur sa chaise inconfortable, les salles d’attente se spécialisent dans la mise à la disposition des clients en attente des chaises toujours trop dures, la plupart du temps trop étroites ou pas assez profondes, souvent branlantes qui, lorsque l’on les voit de loin, promettent tout le confort et qui, à l’usage, dévoilent leur véritable nature tout à fait étriquée.

Sur cette chaise inconfortable, regardant ses mains il soupirait, posant parfois un regard absent sur le mur tout aussi vide que semblait être son univers.

Chronique 2 – Le testament

novembre 18, 2007 Par: espaceg Catégorie: Chroniques Aucun commentaire →

2- Le testament

C’est à cause de son allure et du mystère qu’elle semblait recouvrir que je l’ai remarqué. J’ai un faible pour le mystère et une attirance spéciale pour les âmes en peine. Je me disais en m’approchant de sa bulle, qui je l’ai constaté était très grande car personne ne lui faisait face ni s’était assis à son côté, il fallait compter vraiment 3 chaises autour de lui avant de rencontrer âme qui vive. M’approchant de sa bulle, une revue à la main, je l’ai salué. Poli, il m’a regardée et il a esquissé un petit sourire. Je n’ai pas attendu qu’il me parle et lui ai lancé. - Ça va ?- Oui, merci pour la revue.Je me suis accrochée à mon chariot à roulettes et ai offert aux autres personnes présentes dans la salle d’attente café, jus et revues. Du coin de l’œil je le surveillais, il avait ouvert la revue et il la feuilletais sans s’y intéresser vraiment. Il ma jeté un coup d’œil. J’ai semblé l’avoir intéressé. Cela m’a fait un petit velours. Et j’ai continué ma tournée, contente d’avoir pu le sortir de son mutisme. Après ma tournée, je voulais en savoir davantage sur ce mystérieux personnage. Poussant mon chariot, je vis que sur la chaise où il était assis une demi-heure avant, se trouvait la revue que je lui avais proposée. La ramassant elle s’échappât de mes mains. Je me penchai pour la ramasser et c’est là que je découvris sous la chaise qu’il avait occupée plusieurs feuilles remplies d’une très petite écriture serrée et hachurée. Je ramassai les feuillets et il m’est apparu sans doute aucun que c’était à moi que ces notes étaient destinées. Depuis que je les aies lues, je sais qu’elles étaient pour moi et je suis reconnaissante à cet ange perdu du cadeau magnifique qu’il m’a fait.Je crois qu’il voulait que ses idées soient divulguées et c’est pour cette raison que je vous livre son témoignage. J’avais en quelque sorte entre les mains une forme de journal intime.