
Faire de la courte-pointe La courte-pointe est ce que les anglophones appellent du Patchwork. Faire de la courte-pointe c’est réaliser avec des restes de tissus des ouvrages qui servent de couvertures, de coussins ou de jetés. Pour réaliser leurs ouvrages, les femmes utilisaient des restes de tissus de toutes sortes. On retrouvait ainsi sur leurs courtes-pointes des morceaux de leur vie. Ici le reste de la robe de Pâques ou des fiançailles de Marie, là, un reste des rideaux du salon, quelques morceaux, les meilleurs échappés à la catalogne. Dans leurs cuisines, confectionnant leurs courtes-pointes, les femmes faisaient de la récupération bien avant l’heure, bien avant la mode. Ma grand-mère en avait une faite entièrement des cravates, elle était magnifique quoique un peu sombre. La courte-pointe réunissait les femmes autour du même projet. On se rencontrait entre femmes de la même famille ou entre voisines ou alors entre femmes tout simplement pour confectionner un ouvrage destiné à réchauffer quelqu’un qui en avait besoin. La courte-pointe était un prétexte à des échanges où l’on se racontait les dernières nouvelles, où l’on se donnait des trucs, des recettes. C’était l’occasion pour les femmes de parler de leurs projets, de parler de leurs inquiétudes et de trouver du soutien. Comme on peut le constater, la courte-pointe avait aussi des vertus sociales et curatives.