Chronique 8 Les anges témoins

Comme ange témoin, toute la réalité existe dans l’instant présent.  C’est difficile à expliquer, prenons l’exemple de l’holocoste.  Comme ange témoin, l’élimination des Juifs durant la deuième guerre mondiale, les raisons qui l’ont engendré, le massacre et toutes ses conséquences associés à tous les problèmes actuels liés à l’événement existent instantanément et concurremment dans une même pensée.  Il n’y a ni avant ni après.  Je ne suis qu’un témoin enregistreur et j’embrasse toute la réalité.  Ma vision ne peut s’attarder aucunement sur les cas particuliers.  C’est ainsi que je n’ai pas été un témoin compatissant à la souffrance d’une Anne Frank, tout comme je ne peux m’appitoyer sur chacune des victines des guerres actuelles.

Por moi, la douleur bien qu’omniprésentte, réelle et dévastratrice m’est accessible des deux côtés en même temps. Dans ma perspective tout s’explique car l’information est totale.  D’un même regard je saissis lesmotivations du tueur et de la victime qui dans le jeu de la vie, ont interchangé leurs rôles respectifs à bien des moments.

Il y a quelque chose dans la théorie de la relativité qui peut expliquer bien que très partiellement la manière dont je perçois votre réalité. Dans l’univers que je contemple, je vois le cosmos entier sur la grande couverte de l’espace courbe où tout s’équilibre.  Ma vision en est une des grands ensembles et ne peut convenir pour comprendre ce qui se passe à des niveaux plus restreints.  Il existe quantité de mondes concurremment et la meilleure image que je peux vous en donner est de vous considérer comme étant vous-mêmes  un univers et les êtres autour de vous comme d’autres mondes parallèles dont vous avez connaissance de l’existence mais non de leur réalité propre, qui du reste, est à des lieues de la vôtre.

Cette vision ne permet aucunement de comprendre ce qui se passe dans des univers plus restreints.  Cet homme univers est incapable de percevoir les motivations et le fontionnement des autres univers qu’il rencontre.  Pour y voir quelque chose il faut quitter les grands ensembles il faut s’approcher dangereusement et entrer profondément dans les autres réalités.  Lorsque j’accomplissais ma mission, je passais et voyais de très haut les tenants et les aboutissants de toutes les réalités, sans trop me questionner , sans me laisser imressionner.  J’étais jeune et zélé.  Je n’avais pas encore ce que j’appellle aujourd’hui une grille d’explication.  Grille qui a fini par s’imposer apès mes multiples expériences.

Tout en enregistrant et en témoignant de la vie du monde, il m’arrivait parfois de  remarquer un visage, de capter une pensée plus lumineuse, d’enregistrer une plus grande détresse.  Je me laissais de plus en plus séduire, je me laissais tomber sous le charme des petits bouts d’histoire, d’instants singuliers et ma garde baissée, je me laissais  fortement  impressionner.

Au fil des jours, je focalisais sur un oeil, une main, un sourire et, de plus en plus souvent, je me perdais dans des digressions et me retrouvais au coeur de la destinée très ordinaire de quelqu’un ;  imbriqué;  submergé par ce qui lui  arrivait et qui ne me concernait en rien. Toutes ces petites choses altéraient ma vision.  Plus grave encore, ces petites incartades à ma mission première troublaient ma pensée et je ressentais maintenant ce que les gens appellent des malaises. Je me sentais ballotté commme si j’étais un bouchon sur la mer aux prises avec un grand flou que je situerais en plein milieu du  front en droite ligne avec la glande pinéale.

Et je ne vous ai pas encore parlé de mes ailes , mon trouble s’y voyait dramatiquement.

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