Au fil des jours, écrire

Je devais avoir une dizaine d’années lorsque j’ai reçu du matériel avec lequel je pouvais écrire et imprimer un journal. L’ensemble proposé comportait des lettres à insérer dans des étuis sur lesquels on passait de l’encre et que l’on appuyait sur une feuille de papier. C’était un jeu compliqué et écrire de cette manière pour imprimer un journal, je ne parvenais parfois qu’à faire un titre, a tôt fait de m’ennuyer. Mais travailler dans un journal comme journaliste et non faire de la lithographie m’intéressait déjà.

La première fois que j’ai senti qu’écrire avait une grande valeur c’est à la fin du primaire quand dans un examen on a demandé de parler d’une saison. Je ne sais pourquoi, j’ai choisi le printemps et me suis mise è disserter sur ce sujet, parlant de la beauté de la nature en éveil, et des promesses que cette saison nous offre. Mon professeur m’a félicitée. J’étais surprise car écrire ne m’avait demandé aucun effort, l’exercice avait été d’une extrême facilité. Je m’étais sentie emporté par le sujet, soutenue par l’envol des mots. J’ai eu cette même sensation d’envol lorsque j’ai disserté sur sur une chanson de Jacques Brel Rosa, rosa, rosam … et sur la pièce de Molière: Les précieuses ridicules, pièce dans laquelle j’avais interprété le rôle d’une des précieuses. C’était au Collège, j’avais 17 ans, le professeur m’avait accordé la note de 100%. Ces deux dissertations avaient été écrites d’un jet, j’avais juste ajusté l’orthographe. Je pressentais que l’écriture serait dans mes cordes. Du moins que cette activité était proche de mes capacités, qu’elle me plaisait et ne me demandait pas d’efforts affligeants.

Ce n’est que plus tard que je me suis consacrée à l’écriture. Je suis devenue journaliste dans un hebdo régional. J’y ai travaillé pendant quelques années. J’écrivais des chroniques, je faisais des reportages, je publiais des entrevues, j’adorais ce métier que j’ai quitté au début des années 80. Le journal a dû fermer à cause de la concurrence.

Je suis retournée aux études, je voulais devenir une journalistes avec diplôme, on ne donnait pas cela à Laval, je devais entreprendre un baccalauréat avec une mineure en journalisme. J’ai débuté par une mineure en science politique, renoncé au journalisme et ajouté la sociologie en mineure. J’ai opté ensuite pour une maîtrise en science politique avec une mineure en sociologie. Je garde de ces années à l’université des souvenirs heureux, le sentiment d’accomplissements. J’ai été heureuse d’apprendre et de découvrir. Je suis faite pour cela.

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