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Carnets d'une grand-mère inspirée
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Archive pour ‘confidences’

Petite journée

octobre 20, 2011 Par: espaceg Catégorie: confidences Commentaires fermés

Ce matin des nouvelles d’une amie qui passe par une déception, un temps venteux et gris et la solitude.  Mon énergie est à la baisse, l’automne veut cela.  Si je regarde les cycles naturels, le printemps annonce une revitalisation dans la nature, l’été un temps de maturation et l’hiver un repos, l’automne est un temps de mise en veilleuse et de préparation à l’hiver où nous devrions rester en dedans et marmotter un peu.

A l’automne, les gens faisaient boucherie car on pouvait alors penser que l’on pourrait conserver la viande quand il n’y avait pas de réfrégirateurs.  On faisait des conserves pour les temps froids où on devrait ajouter sucre et gras à l’alimentation.  Aujourd’hui on peut se procurer de tout et frais sur les marchés et à l’année.

 Nos cycles sont perturbés tout comme on ne peut plus marquer notre vie par des rituels. Nos jours doivent d’une certaine manière devenir tous productifs et actifs.   Pas de place pour le repos sauf le dernier que l’on ne ritualise que minimalement pour la plupart et pas de place non plus pour une mise en veilleuse de nos activités.

Je crois que je suis bien de mon temps et que le ralentissement des activités, l’enfermement à l’automne me fait un peu déprimer.  Bien que je sache que ma baisse d’énergie est temporaire et s’explique par le taux anormal d’activité que j’ai eues depuis 2 semaines, j’ai du mal à vivre moins intensément avec moins de bruit, moins de rencontres significatives avec les miens.  Je vis mal  le moins dans l’urgence.

On ne peut pas dire que je fasse preuve de grande sagesse actuellement.  je crois que je vais me mettre un peu au neutre des fois que de l’intérieur de moi pourrait monter la petite voix qui me conseillera comment passer ces moments un peu plus tranquilles et qui m’apparaissent un peu trop tranquilles.

L’attente c’est difficile pour moi.

Quand c’est gratis…

septembre 15, 2011 Par: espaceg Catégorie: confidences Aucun commentaire →

Je pointe le nez dans la cour ou je me présente à la porte et j’entends Mamie Mamie et je vois les petits visages qui s’illuminent et les yeux qui s’allument et le beau sourire qui apparaît.  Je sais que j’ai fait le bonheur de mes petites, pour un instant et quel instant.  Un instant qui touche à l’éternité car il est suspendu dans le temps.  C’est un instant qui est un cadeau pour moi et qui m’est donné avec tout l’amour du monde.  Je serre mes petites dans mes bras, leur donne de grosses bises.  Puis le miracle cesse et elles courent déjà retrouver leurs jeux avec lesquels elles seront entièrement présentes, complètement.

Magie de l’enfance qui ne se passe que dans l’instant présent.  Magie de l’enfance qui sait parfaitement comment vivre et être heureux mais qui ne sait pas qu’elle le sait.  Grosses bises à vous tous  avec mon âme qui vient de me rappeler que j’aime, et que des fois c’est si facile.

Vieillir a ses avantages

septembre 12, 2011 Par: espaceg Catégorie: confidences Aucun commentaire →

Je me disais hier combien j’étais contente de ne plus être au coeur des tempêtes, pourtant capitaine d’un bateau qui se précipitait contre les esquifs.  Je me revois dans ma jeunesse jamais satisfaite, souffrante, tellement souffrante.  Je ne savais vraiment pas comment fonctionnait mon âme. J’ai passé mon enfance en rêvant du moment où enfin je serais grande et lorsque c’est arrivé  je me suis butée aux murs dans lesquels je crois bien que je m’enfermais moi-même.

Vieillir m’a permis de comprendre comment on fait son bonheur.  Vieillir m’a permis de ne plus m’en demander autant, de restreindre mes attentes.  vieillir m’a permis de trouver mon bonheur là où il est c’est-à-dire partout.  Vieillir m’a permis de renouer avec mon monde intérieur et m’a pour ainsi dire détournée momentanément de mes fuites en avant.  Vieillir au prix de remises en question, de grandes prises de conscience a remis une forme d’équilibre dans lequel je vis maintenant et au coeur duquel se trouve mon bonheur.

Jeune, si j’avais pu me voir comme je suis maintenant je ne crois pas que j’aurais pu apprécier vraiment cette vie que je me suis construite.  J’aurais diagnostiqué qu’elle manquait de sel et de piquant.  J’aurais cru qu’elle ne me proposait pas de défis stimulants.  Je pense que c’est le cas mais que cela me convient.  Je cherche moins à realiser qu’à me réaliser, moins de projection plus de réflexion.

A partir du moment où je n’ai plus manqué de rien (les premiers degrées de la pyramide Maslow), que je n’ai plus cherché la reconnaissance et l’accomplissement (que les autres verrraient); j’ai commencé à ramasser les petits cailloux que j’avais semé sur mon chemin et j’ai entrepris de rentrer chez moi, tranquilement en m’attardant parfois sur ma route au fil des rencontres et j’ai fait tant des rencontres extrordinaires et j’en fais tellement  et toujours que mon voyage intérieur m’introduit dans la réalité profonde de mon être.  Je commmmence à effleurer ma propre vérité à toucher  celle que je suis vraiment … Et je ne suis ni parfaite ni rien, je suis  tout simplement.

Du changement à l’horizon

août 11, 2011 Par: espaceg Catégorie: confidences Aucun commentaire →

J’ai pris des décisons et subitement je me suis sentie jeune et pleine d’énergie.  Les projets ne sont pas seulement pour la jeunesse mais doivent sans doute faire partie de tous les âges de notre vie puisqu’ils ont sur nous les meilleurs effets.  Changer de vie à tout âge donne un regain de vie.  J’ai vu cela sur deux couples de la familles qui ont déménagé à 70 ans et plus dans de nouveaux lieux où ils sont heureux. 

Je fais des projets ces temps-ci, un nouvel endroit pour vivre une nouvelle vie sans doute.  Parfois j’ai un petit frisson comme quand je me trouve dans de l’inconnu mais la plupart du temps je me sens bien et prête à faire du neuf à vivre dans du neuf sans bien sûr rejeter ce qui me plaisait avant.  C’est curieux que des impératifs comme la maison est bien grande et difficile à entretenir, on a vraiment amassé beaucoup de choses durant toutes ces années.  Tant de fois j’ai pensé que telle ou telle chose resteraient dans le patrimoine et plairaient aux enfants quand ils seraient devenus grands.  Mais je crois qu’il faut penser autrement et je suis presque prête à me défaire sans regret de choses qui ne reteront pas dans la famille. 

Cela fait longtemps que je veux alléger mon esprit , dans cette perspective je ne m’arrête pas dans les marchés aux puces et les ventes de garage.  Je prépare ma propre vente de garage et j’aspire à vivre dans du neuf.

La vie, la vie

mai 04, 2011 Par: espaceg Catégorie: confidences Aucun commentaire →

Hier je ne voulais plus écrire mes carnets.  Ce matin dans ma marche, mes pensées tournaient autour de la question suivante.  Est-ce que toutes les grands-mères sont comme moi?  Tournent-elles toutes au quart de tour quand  leurs enfants et petits-enfants souffrent?  Pour ma part je ne suis pas vraiment encore capable de prendre des distances quand il s’agit du bonheur des miens.

Mon heure de marche me permet souvent de faire le point et de relativiser la plupart de mes prises de position.  Ce matin par exemple ma réflexion m’a amenée à réaliser que dans ma jeunesse, durant les premières années de ma vie adulte j’étais beaucoup plus combative et souffrante que je ne l’ai été plus tard.  Je garde toujours un peu d’énergie pour défendre les miens mais je ne suis plus au front à pourfendre les tyrans comme je ne me sens plus une justicière.

Je prends mieux soin de moi et j’essaie de prendre au mieux soin des miens. Mais il m’est impossible de les soustraire à la souffrance et aux expériences qui feront d’eux des grands-parents sages.  Je me suis rendue compte que prendre soin des miens c’est prendre soin de moi même, c’est cultiver mon jardin dans lequel il fait bon se reposer.  Je sais que je continue parfois de tirer sur les fleurs pour qu’elles sortent plus vite, que parfois je mets un globe autour de mes roses pour les protéger mais je sais de plus en plus et ce n’est pas facile que les globes empêchent aussi le soleil de caresser les roses  et la brise d’alléger la chaleur du soleil.

Je suis plus sage mais pas encore assez.  Je commence à accepter cette sensibilité qui est mienne et qui  me bouleverse régulièrement.  J’apprends à me souvenir que moi aussi j’ai été jeune et que je suis passée à travers mes difficultés et que les miens sont aussi capables que je l’ai été et qu’ils ont parfaitement le droit de vouloir vivre tout ce qu »ils acceptent et désirent vivre.

Au fond, je les aime et je m’efforce d’accepter les limites auxquelles je suis confrontée et mon incapacité de créer un monde parfait et le bonheur pour tous à tous prix…