Il fait trop beau

Ce matin les diamants dansent sur le lac et le  vent dans le grand pin balance la branche parasol qui abrite mes parties de Scrabble.  Je ne sais pas encore de quoi ma journée sera faite, le chevalet est toujours caché derrière la porte de la chambre et les couleurs dorment dans le fond du sac.  J’attends comme je l’ai déjà expliqué l’espace mental nécessaire pour entreprendre une peinture car peindre c’est une entreprise de longue haleine.  Le projet fait tranquillement son chemin, les fleurs à peindre commencent à m’ensorceler et si j’ouvrais mon livre je crois bien que je ne résisterais pas.

Durant ma marche j’ai pu constater que les grands vents ont obligé des bernaches à  camper dans des champs de la vallée.  Elles ont pour l’occasion chassé les corneilles qui bien sûr ont protesté et protestent encore j’en suis persuadée.  Les marguerites  fleurissent les champs qui il y a quelques jours affichaient des pissenlits.  Sur le bord de la route, les fraises sucrées sont sorties et se laissent cueillir.  Bientôt, les petites fleurs oranges vont occuper tout le paysage et ainsi la nature va renouveler son visage.  Des fois je marche sans regarder, parfois je pense qu’il ne se passe rien dans ma vie.  Il me faut me rendre à l’évidence, autour de moi tout bouge tout change, je dois tout juste ouvrir les yeux.  Regarder avec un oeil neuf.

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